Les différents types de cancers du sein

On distingue les cancers du sein infiltrants ou « carcinomes infiltrants », des lésions pré cancéreuses encore appelées « carcinomes in situ ». La prise en charge médicale et le pronostic varient considérablement selon la nature du cancer, son grade d’agressivité tumorale, le type histologique, et le stade de la maladie.

Les carcinomes in situ sont par définition non infiltrants, c’est-à-dire qu’ils n’ont théoriquement aucun potentiel métastasiant (ils ne peuvent pas donner de métastases à distance, ils ne peuvent pas se généraliser). Ils sont rares (moins de 5 à 10% des tumeurs mammaires). Exceptionnellement, ils peuvent, pour des raisons mal connues, envahir le ganglion de relai (dit ganglion sentinelle). Le traitement repose sur l’association de la chirurgie le plus souvent conservatrice (sauf pour les lésions étendues à l’ensemble du sein) complété par une radiothérapie adjuvante (c’est-à-dire faite en post opératoire) qui a pour but de diminuer le risque de récidive locale de la maladie. Le risque de récidive locale en cas de chirurgie conservatrice seule (sans radiothérapie adjuvante) est de 30%, alors que ce même risque est divisé par 2 lorsqu’une radiothérapie vient compléter le traitement. En cas de traitement radical (mastectomie totale), il n’y a pas d’indication à faire une radiothérapie complémentaire, et le risque de récidive local est de 15%, soit identique à celui d’un traitement conservateur complété d’une radiothérapie adjuvante. 

Les carcinomes infiltrants du sein se divisent pour une très grande majorité en deux sous types de cancers : les carcinomes canalaires (développés aux dépens des canalicules du sein) qui représentent 80% des tumeurs, et les carcinomes lobulaires (développés aux dépens des lobules du sein) qui représentent 15% des tumeurs. Les autres types histologiques représentent moins de 5% des tumeurs. Le traitement des formes localisées (indemnes de métastases) comporte en général l’association de la chirurgie (radicale ou conservatrice) dont le but est l’exérèse de la tumeur et au minimum de son ganglion dit sentinelle (ganglion de relai), voire d’un curage axillaire (retrait de la chaine ganglionnaire), complété le plus souvent d’une radiothérapie sur le sein, voire sur les aires ganglionnaires de voisinage (aire sus claviculaire, axillaire, et chaine mammaire interne) afin de diminuer le risque de récidive locorégionale de la maladie. 

La stratégie thérapeutique est définie en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) où l’ensemble des spécialistes du traitement du cancer (chirurgiens sénologues, gynécologues, radiothérapeutes, chimiothérapeutes, anatomo-pathologistes, radiologues, médecins nucléaires, etc…) sont présents pour proposer au patient un traitement personnalisé et adapté au mieux aux caractéristiques de sa tumeur. Dans certaines situations, lorsque la tumeur est agressive, volumineuse ou lorsque que les ganglions de voisinage sont envahis par la maladie, une chimiothérapie est entreprise afin de diminuer le risque de diffusion métastatique de la maladie (risque que la maladie ne se généralise). La chimiothérapie peut être administrée à la patiente avant la chirurgie (on parle alors de traitement néo-adjuvant) pour réduire le volume de la tumeur et faciliter la conservation du sein, ou lorsque le risque de diffusion métastatique est important. Le plus souvent, la chimiothérapie, lorsqu’elle est retenue intervient après la chirurgie et avant la radiothérapie. Certaines tumeurs exprimant des récepteurs spécifiques comme Her2, rendent la tumeur sensible à des thérapies ciblées qui sont alors délivrées aux patientes en adjonction à la chimiothérapie. 85% des cancers du sein sont dits hormono-dépendants ou sensibles, ce qui signifie qu’il existe à la surface des cellules tumorales des récepteurs aux hormones sexuelles femelles comme les œstrogènes et la progestérone. Dans cette situation, il sera prescrit à la patiente, à la fin de la séquence thérapeutique, une « hormonothérapie » dont le but est d’aller se fixer sur ces récepteurs et d’inhiber la prolifération des éventuelles cellules tumorales résiduelles. 

La stratégie thérapeutique de prise en charge du cancer du sein relève d’une expertise multi disciplinaire et est en constante évolution, en rapport avec les nouvelles données de la communauté scientifique.

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